Marchés agricoles

Les flux rss du siteImprimer la page

Graphique de la semaine

Les feux de la rampe pour le beurre, et la chute pour la poudre

Si la flambée du prix du beurre préoccupe les médias et les consommateurs, la chute du prix de la poudre de lait qui lui est intimement liée suscite bien moins d’intérêt. Un phénomène largement mésestimé, alors qu’il est essentiel de comprendre que lors du processus de production de beurre, la protéine restante est séchée et transformée en poudre de lait.

L’enjeu pour les industriels laitiers est alors de vendre ce coproduit joint au beurre, afin d’obtenir une valorisation complète du mix-produit. Or, la décrue de la cotation de la poudre, principalement impulsée par des stocks communautaires abondants de poudre (plus de 350 000 tonnes à l’intervention), a contribué à limiter les fabrications de beurre ainsi qu’à davantage orienter les fabrications de produits laitiers vers les fromages et le lactosérum. 

Pour autant, il faut garder à l’esprit que cette hausse vertigineuse du prix du beurre est en grande partie expliquée par la rétention des livraisons de beurre aux distributeurs qui refusent de répercuter les hausses de prix dans leurs rayons. Une remontée des cotations de la poudre permettrait certainement de provoquer un effet de levier sur la production de beurre, et par conséquent de relâcher la pression sur les cotations et sur les relations commerciales entre les maillons de la chaîne de valeur.

Enfin, l’autre enjeu sous-jacent à cette problématique est de trouver des débouchés suffisamment rémunérateurs pour la poudre de lait. L’écoulement des surplus de poudre pourrait se faire par le canal de l’alimentation animale (porc et veaux de boucherie). Mais dans des secteurs d’élevage structurellement fragiles depuis plusieurs années, il est difficilement envisageable d’envisager une sortie de crise par ce biais. D’autre part, la demande à l’exportation est toujours insuffisante pour éveiller un marché torpide. Aux acteurs du monde agricole de rivaliser d’ingéniosité pour trouver une échappatoire à cette impasse.

 

 

Consulter les cotations hebdomadaires sur les céréales, oléagineux, sucre, vins, productions animales, produits laitiers et devises...