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Plan national dépérissement du vignoble : un modèle pour faire face aux défis de demain

Changement climatique, évolution du style des vins, baisse de la consommation, depuis des décennies, la viticulture n’a cessé de s’adapter aux contraintes climatiques, sociétales, environnementales.

Mais aujourd’hui, la baisse de vitalité et de longévité des ceps de vigne menace la pérennité et l’entendue du vignoble, mais aussi sa répartition telle que nous la connaissons. La filière viticole garde une ambition forte pour le vin à l’horizon 2050 et se mobilise pour trouver des solutions d’avenir dans les laboratoires et les vignobles expérimentaux : variétés résistantes, alternatives aux produits phytosanitaires, lutte contre le dépérissement du vignoble, nouveaux produits en réponse à la demande évolutive des consommateurs et des marchés mondiaux, les enjeux sont immenses… Le plan national contre le dépérissement du vignoble, lancé en 2015, traduit cette véritable prise de conscience de la filière, pour faire face à ces enjeux.

  • Récolte 2017 : une année hors normes …

Les vendanges terminées, les vignerons font les comptes. Selon les dernières prévisions d’Agreste, la production française de vin en 2017 se situe à 36,9 millions hectolitres, soit un niveau inférieur de 19% à celui de 2016, qui était déjà le plus modeste depuis 30 ans, et 18 % inférieur à la moyenne des cinq dernières années. Cette situation inédite est la conséquence directe d’une succession d’accidents climatiques d’envergure nationale : gelées de printemps, principalement à Bordeaux, dans le Sud-ouest, le Val de Loire ou le Jura ; grêle dans le Beaujolais et sécheresse aggravée dans le Sud-Est, en Vallée du Rhône, Provence ou Languedoc, qui n’ont connu aucune pluie pendant l’été. En plus de ces évènements catastrophiques pour le vignoble, les températures printanières et estivales élevées ont conduit à anticiper les vendanges de 10 à 15 jours en moyenne selon les régions.

Selon les estimations du Comité Européen des Entreprises du Vin (CEEV), cette faible récolte est également constatée dans les autres vignobles européens notamment en Espagne (-17%) et en Italie (-26%).

  • … et des difficultés structurelles pour le vignoble français

A ces difficultés s’ajoutent celles qui touchent le vignoble sur le long terme. Plus de 70 facteurs impactent plus ou moins directement le dépérissement des ceps de vigne. Ils sont biologiques (virus, ravageurs), physiques (stress hydrique) ou liés aux pratiques culturales (taille, gestion des maladies, qualité du matériel végétal). Stopper le dépérissement de la vigne, c’est agir contre tous ces facteurs pour préserver la vitalité et la longévité des ceps, donc à terme, la qualité de nos vignobles.

En France, la baisse de production de vin s’accentue avec une perte d’un tiers du potentiel de production depuis 40 ans (chiffres FranceAgriMer). D’abord consécutive à la baisse de la consommation et à la restructuration qualitative du vignoble, aujourd’hui cette tendance traduit une baisse de productivité. L’étude Dépérissement du vignoble* menée en 2015 a calculé une perte de production de 4,6 hL/ha en 2014 du seul fait de l’impact des dépérissements du vignoble.

La profession viticole s’adapte. Représentée par le CNIV, qui regroupe l’ensemble des interprofessions viticoles françaises, avec le soutien de FranceAgriMer et du Ministère de l’Agriculture, elle a engagé le Plan National Dépérissement du Vignoble. 10,5 millions d’euros sont investis sur 3 ans de 2017 à 2020. Ce programme sans précédent regroupe tous les acteurs concernés : filière viticole, filière pépinière,scientifiques, Etat. Sa première grande phase visible est la sélection de 9 projets de recherche auxquels plus de 3 millions d’euros ont été alloués. Physiologie de la vigne, qualité du matériel végétal initial, longévité des ceps de vigne, prévention virale sont quelques-unes des pistes prometteuses sur lesquelles les scientifiques travaillent déjà. Les premiers résultats sont attendus pour le deuxième semestre 2018. Et un autre appel à projets scientifiques va être lancé d’ici à la fin de l’année.

Le Plan National Dépérissement du Vignoble répond au besoin de mobilisation de notre filière pour assurer la pérennité de notre vignoble et la compétitivité de nos entreprises. Et l’enjeu est de taille. Rappelons que la viticulture emploie 558 000 personnes, est le 2ème secteur d’exportation français avec 7,8 milliards d’euros, derrière l’aéronautique, étend son empreinte géographique dans 66 départements et fournit près 16% du vin disponible sur la planète.
L’accélération des accidents climatiques, la perte de vitalité de notre vignoble nous obligent à innover une fois encore et à faire évoluer notre modèle de production.
« Se mobiliser, innover, s’adapter » constitue le triptyque de notre engagement collectif pour un vignoble sain, durable et pérenne.

https://www.plan-deperissement-vigne.fr/

* Mission FAM-CNIV-BIPE Dépérissements du vignoble 2015