La Commission des comptes de l'agriculture a publié les résultats prévisionnels des revenus agricoles 2010.

Avec une progression de 66 % du revenu moyen par agriculteur professionnel entre 2009 et 2010, les chiffres pourraient laisser croire à une embellie généralisée ! Mais la réalité est malheureusement tout la fois plus nuancée et plus complexe.
Premier élément, et il est de taille : le revenu moyen 2010 se situe à 24 400 € et le décrochage par rapport au revenu moyen des ménages se poursuit.
Deuxième élément : l'instabilité majeure des prix à la production et des intrants, à laquelle le secteur agricole est désormais soumise, oblige à dépasser les effets d'optique des variations annuelles pour considérer les tendances sur plus longue période. Ainsi, le revenu moyen 2010 est inférieur de 11% à celui de 2007. Les écarts entre les différents types de production demeurent et la tendance baissière sur long terme en élevage remet en cause jusqu'à la pérennité de ces productions.
Troisième élément : Ces chiffres illustrent une fois de plus l'impérieuse nécessité de :
- réinventer la régulation des marchés et mettre en place de véritables filets de sécurité pour toutes les productions sans pour autant constituer des débouchés,
- mettre en place une véritable politique de l'élevage qui doit pouvoir s'appuyer sur une meilleure complémentarité entre les filières,
- conforter le pouvoir de marché des producteurs dans la chaîne alimentaire.
C'est tout l'enjeu de la future PAC et nous attendons que les discussions à venir notamment au sein du Parlement européen aillent plus loin que la Communication présentée en novembre par Dacian Ciolos sur ces points.
"Le rebond de 2010, après 2 années consécutives de baisse importante du revenu, est appréciable. Mais nous ne pouvons nous réjouir ni de l'ampleur des variations qui chaque année fragilise les exploitations agricoles, ni les disparités persistantes entre les filières. Nos agricultures sont largement interdépendantes, et c'est bien une nouvelle démarche entre les filières et toute la chaîne alimentaire y compris jusqu'à la distribution que nous devrons inventer" a déclaré Guy Vasseur, Président des Chambres d'agriculture
- Pour en savoir plus :
CP_comptes_161210.pdf154 K
